Trop de dureté

Le Disneyland Paris Leaders Cup a été un vrai succes populaire car la salle était remplie trois soirs de suite et le record de vente de billets a été battu.

Sur le terrain, le niveau de jeu était plus proche de l'Eurocoupe et comme les meilleurs arbitres français officiaient, le jeu était loyal mais très physique et les scores plutôt bas.  Les défenses ont pris le pas sur les attaques et la meilleure défense de la Pro A, Strasbourg, a remportée logiquement le trophée.  Même si une faute aurait pu etre sifflée sur le dernier tir d'Antoine Eito, il était à 2 pts., donc il y aurait eu, au plus, une prolongation s'il réussissait les deux lancers. 

    Le comeback du Mans de moins 18 au score a été de toute beauté mais avant ce retour, la défense de Strasbourg a littéralement étouffée les Manceaux.  Le mot que nous avons entendu le plus souvent pendant les trois jours de la compet, c’était le mot dureté!  Les coaches et les joueurs n'avaient que ce mot à la bouche et c'est vrai que ce paramètre a souvent été décisif.  C'est,également, souvent le cas au niveau des Coupes Européennes ou les arbitres laissent jouer le coté physique du jeu tout en gardant un cadre assez strict et constant ce qui permet aux joueurs de s'adapter et surtout de savoir à quoi s'attendre.

    Comme la plupart des arbitres de la Leaders Cup sont des arbitres européens et les équipes ont fait les Coupes d'Europe, cela a produit du jeu tactique, agressif et défensif.  Paradoxalement, dans la NBA ces dernières années, les arbitres sont devenus plus sévères avec les contacts dans le but d'ameliorer le jeu offensif et le spectacle.  Beaucoup d'experts trouvent que la Pro A est le championnat européen qui ressemble le plus à la NBA avec son coté athlétique, aérien et sa vitesse de relance et d’exécution.  Le cliché dit que l'attaque remplie les salles et la défense gagne les titres mais quand on vend du sport spectacle, c'est TRES important de remplir les salles, n'est-ce pas!  C'est le travail des instances et des arbitres de faire le tri afin de protéger et d’améliorer le jeu.

    J'en discute souvent avec les entraîneurs et les arbitres de ce sujet et tous sont convaincus qu'il faut surtout éviter de revivre la période des années 90 avec des scores riquiqui, des attaques faméliques et des défenses style combat de rue.  A l’époque, les coaches voulaient tout contrôler et minimiser les prises de risques mais le spectacle était souvent pauvre.  Un coach très expérimenté comme Alain Weisz est convaincu qu'il faut protéger davantage les attaquants aujourd'hui et je suis d'accord.  En Europe, le jeu dur avantage les clubs à gros budgets avec des effectifs pléthoriques.  Des clubs qui ont beaucoup d'influence, certes, mais les décideurs (Fiba et Euroleague) qui font les règles, doivent se pencher sur la question pour protéger le jeu et les joueurs.  J'imagine que des coaches comme Pascal Donnadieu et Jean Denys Choulet parmi d'autres, seraient d'accord avec ça, vu leur penchant pour le beau jeu d'attaque. 

    En France, il faut essayer d'aller vers plus de constance dans l'arbitrage afin que la différence entre les arbitres européens et les arbitres franco-français soit moins important.  Il y a une progression cette saison par rapport aux écrans en mouvement et les antennes mais on peut faire mieux dans la protection du "cylindre" et des bras des shooteurs et dribbleurs.  Pour moi, ça va dans l’intérêt du basket en général!