Les raisons d'y croire

Je vous propose quelques raisons de croire dans la victoire de l'Equipe de France demain face à la Turquie en 8ème de finale suivi, aussi, de quelques points d'interrogation.

Au premier tour dans une salle de Montpellier toujours remplie et ou l'organisation fut parfaite, les Francais ont gagné 5 sur 5 malgré des difficultés dans 3 des 5 rencontres pour s'imposer.  Le seul match référence aura été contre la Pologne car cette équipe possède, à peu de choses prés, le même niveau et les mêmes qualités que la Turquie.  C'est à dire, une équipe avec un pivot NBA, des ailiers adroits, un banc faible et un meneur-booster naturalisé qui pratiquent un basket assez classique et collectif. 

La France sort du premier tour sans blessés, ouf, et son trio NBA de Tony Parker, Boris Diaw et Nicolas Batum s'est économisé sauf dans le premier match contre la Finlande gagné en prolongations.  Les deux meilleurs tricolores à Montpellier ont été Nando DeColo et Rudy Gobert grâce à leur intensité et leur rendement constants.  Le banc a été productif dans 3 des 5 victoires en affichant une complémentarité intéressante quand Joffrey Lauvergne, Evan Fournier et Leo Westerman évoluaient ensemble ou quand les "freres 100000 volts", Charles Kahudi-Flo Pietrus, apportaient du tonus à notre defense.  Mike Gelabale a été souvent efficace dans son nouveau rôle en sortant du banc.
Sans forcément nous éblouir, la France a fait le métier au premier tour et c'est deja bien.

Quand on constate que la Turquie a perdu de 27 contre l'Espagne et de 19 contre la Serbie avant d'etre obligé de faire une prolongation pour battre l'Islande, ca permet d'être confiant d'autant plus qu'il leur manque Omer Asik et Enes Kanter, deux trés bons pivots NBA et leur défense n'est classée que 24ème. Leur meilleur ailier, Cedi Osman, n'a que 20 ans et même s'il est une future star en devenir, l'enjeu du match risque de lui peser sur les epaules. L'ancien Dijonnais Bobby Dixon (Ali Muhammed),  qui est devenu une vedette en Turquie, ne tourne qu'à 38 % au tir et le banc turc est assez médiocre. Historiquement, les Turcs ont réussi des bonnes perfs à domicile dans les grandes compets mais pas souvent à l'exterieur.

Tout cela dit, voici maintenant les raisons d'être méfiant!  Les Francais ont été inconstants au premier tour avec des sautes de concentration en défense et un manque de fluidité en attaque.  Notre adresse à 3 pts. un peu légère risque de nous faire souffrir si la Turquie utilise une défense de zone articulée autour de Semih Erden (73% au tirs) et Ersan Ilyasova (Milwaukee Bucks), deux intérieurs de haut niveau. Le mauvais scénario serait de voir une équipe francaise archi-favorite, crispée par l'enjeu dans un stade immense, ratant ses tirs ouverts face à une équipe turque qui n'a rien à perdre drivé par un Dixon (16,2 pts par match au 1er tour) retrouvé qui prend feu le jour J. Je n'ose pas l'imaginer mais il faut êre lucide car sur un match tout peut arriver. Regardez comment l'Espagne a failli se faire eliminer par l'Allemagne! 

Personellement, je crois plutôt dans un bon scenario qui verrait les Francais, surmotivés par l'énorme enjeu, faire un match sérieux et victorieux tout en respectant leurs adversaires en 8ème contre la Turquie puis en quart contre la Slovénie. J'espere que j'aurais l'occasion d'ecrire ce blog la semaine prochaine à propos des tactiques que la France va employer pour battre la Grece ou l'Espagne en demi et la Serbie en finale.  Allez les gars, liberez-vous, vous avez rendez-vous avec l'histoire!