La dernière ligne droite

Hier soir il n'y a pas eu de match NBA car l'actu aux E-U a été monopolisée par la Finale NCAA (universitaire), un événement hyper-médiatisé et archi-suivi souvent joué dans des stades couverts de foot u.s. devant plus de 40,000 spectateurs.

Pour moi c'est un peu exagéré pour un tournoi, en fin de compte, de juniors mais le système de l'élimination directe le rend passionnant et palpitant malgré le fait que depuis plusieurs années les meilleurs jeunes joueurs partent plus tôt pour la NBA ce qui a considérablement fait baisser le niveau général du basket universitaire.

    Après le titre surprise de Villanova, la NBA reprend ses droits pour une dernière ligne droite de la saison régulière encore plein de suspens et de l'enjeu.  Cette saison déjà remplie de records pourra devenir totalement historique si Golden State bat le record des Bulls de 72 victoires et si San Antonio devient la première équipe de l'histoire a restée invaincue pour toute une saison régulière à domicile.  Comme dit Tony Parker, battre des records sans titre derrière ne veut pas dire grande chose, mais les Spurs et les Warriors sont gourmands et peuvent très bien faire les deux!  En plus, les deux franchises vont encore se rencontrer deux fois, le jeudi 7 à Golden State et le dimanche 10 à San Antonio.

    Parker considère que les Spurs sont en roue libre depuis déjà deux semaines se concentrant sur le repos des joueurs et la préparation des playoffs plutôt que sur les résultats du moment.  Si je vois bien Gregg Popovich jouer un coup de poker-menteur en reposant quelques cadres jeudi à l'extérieur, je le vois bien faire le max à la maison dimanche pour rester invaincu et offrir ce beau record et cadeau à son club et son public.  Après, il ne resterait qu'un match à gagner contre Oklahoma City pour réussir l'exploit.  Je pense que Pop serait content de voir les deux records tomber car le coach des Warriors, Steve Kerr, fait partie de ses élèves et il utilise beaucoup des méthodes des Spurs sur et en dehors du terrain.  Cela représenterait la couronnement d'une école de basket à travers plusieurs générations, une école fondée par le coach universitaire légendaire, le regretté Dean Smith de North Carolina (finaliste hier soir).  Smith disait simplement, "play smart, play hard, play togehter" ou "joue intelligemment, joue à fond et joue ensemble".  Les deux équipes dominatrices de cette saison NBA appliquent à merveille son dictum!

    D'ailleurs Kerr a presque le même discours que Popovich même si les Warriors jouent plus ouvertement le record des Bulls que Steve a aidé à conquérir comme joueur à coté de Michael Jordan et Scottie Pippen.  Il faudra 4 victoires dans les 5 matches restants pour arriver à 73.   Kerr repose ses titulaires quand il peut et l'absence d'André Iguodala(cheville) n'arrange pas du tout ses rotations.  Il dit que son équipe joue pour le record mais il ne prendra aucun risque inconsidéré pour y parvenir!  Il est sage et zen derrière son sourire d'éternel ado à l'image du coach des Bulls de son époque, Phil Jackson.  Il reconnait que la pression médiatique du record affecte le rendement de son équipe en ce moment comme cela a été le cas pour les Bulls de '96.  Le jeu est moins rigoureux avec trop de balles perdues et son équipe a eu beaucoup de  chance de battre Utah récemment avant de s'incliner logiquement, pour la première fois de la saison à domicile, contre l'excellente équipe de Boston. 

    Cette chasse aux records va pimenter cette fin de saison et on peut ajouter que sur le plan individuel, Steph Curry pourrait devenir le seul shooteur de l'histoire à réussir 400 paniers à 3 pts dans une saison régulière ainsi que la meilleure évaluation de l'histoire devant le mythique Wilt Chamberlain (31,80).  Steph a besoin de 22 paniers de loin dans les 5 dernières rencontres  pour arriver à 400 et son PER (eval) est à 31,71, juste derrière Wilt.  C'est rare qu'une fin de saison régulière soit aussi passionnante!

 

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