Nom de Diaw!

Boris Diaw n'a jamais rien fait comme les autres.  Il faisait exprés de ne rien faire comme les autres!  Cela l'a rendu unique, abordable, sympa et humain mais il pouvait etre aussi hermetique, langue de bois et orgeuilleux comme tous les grand champions.  Et grand champion il l'a été, il suffit de lire les nombreux hommages à son palmarès et sa carriere maintenant qu'il a enfin officialisé son depart à la retraite.  Un grand depart car c'est pour faire le tour du monde dans son nouveau yacht construit à Bordeaux.  D'ailleurs, c'est sur ce yacht accompagné de ses potes depuis l'INSEP, Tony Parker et Ronny Turiaf, que Boris a officialisé sa retraite dans une video belle et etonnante qui fera aussi le tour du monde.  

 

     Toujours iconoclaste mais aussi icone du beau jeu collectif et esthete du sacrifice individuel.  Bobo, l'altruiste absolu qui a fini par enerver TOUS ses coaches en refusant des tirs ouverts pour faire l'extra passe.  Cet aspect de son jeu a beaucoup été commenté.  On pouvait voir une certaine sacrifice pour le groupe mais aussi parfois un refus de prendre ses responsabilités en attaque.  C'est sans doute Gregg Popovich qui a le mieux geré la question et cela a produit un magnifique titre genre "comeback" en 2014 quand les Spurs ont pratiqué un basket de reve et Boris jouait un role essentiel pour battre LeBron James et Miami( dominateurs à l'epoque) en finale.  Boris a, finalement, parfaitement trouvé l'equillibre entre l'altruisme et la prise de responsabilités cette saison la.

 

     Son coté iconoclaste, Boris l'a developpé très jeune dans une ecole avec des méthodes révolutionnaires ou par exemple, il n'y avait pas de notes et chacun progressait à son rythmne.  Metis comme les Noah ou TP, avec des racines diverses et variées, Boris est un melting pot à lui tout seul, un cocktail à succés!  De son père senegalais, champion d'athlétisme, il a hérité des qualités athlétiques exceptionelles et une attirance pour l'Afrique tandis que sa mere, une des plus grandes joueuses de tous les temps, lui donnait son amour du basket, de l'equipe et des choses bien faites sans trop ecouter les autres.  Pourtant l'identité de Boris était construite pour et à travers les autres mais… à sa facon!  Sa très riche vie interieure, sa recherche du calme quand il est en vacances nous montre un personnage rare dans le monde du sport pro.  Toujours prét à jouer le role de grand frere pour les jeunes joueurs qui arrivent derriere, c'est dommage qu'il n'a pas fait toute sa carriere aux Spurs ou il aurait été très à l'aise comme dans le jeu de Mike D'Antoni à Phoenix.   Boris appelait les Spurs "les nations unis" et les joueurs, staff et valeurs de la franchise correspondaient parfaitement à Boris.  D'ailleurs, Popovich attend son invitation pour faire un peu de voile avec Boris en dégustant un vin de Bordeaux millésimé.

 

     Personellement, j'ai eu la chance de suivre tout le parcours en NBA et en equipe de France de Boris- on peut appeler ca la periode dorée du basket Français- vivant les hauts et les bas avec lui.  C'était toujours un challenge de l'interviewer, il fallait trouver des questions et des sujets plus variés car s'il n'aimait pas une question il se refermait comme une huitre derriere un discours de circonstance.  Il n'aimait pas trop les conseils ou suggestions venant de la presse.  Il m'a bien rabroué à Belgrade en 2005 quand je voulais aborder la question de sa maladresse aux lancers francs…  Dans l'ensemble, il a toujours été fidele et dispo pour Canal France et Canal Afrique, arrivant, sans entourage, avec le sourire et en mettant une bonne ambiance partout ou il est passé.  Il m'a meme soutenu (avec Nicolas Batum) à une epoque compliquée ou il était question de me boycotter…  

 

     Au All-Star Game de Phoenix en 2009, Boris et Ronny sont venus gentiment rencontrer les medias internationaux le dimanche matin avant le grand match et ils ont accepté de faire quelques concours de shoots avec moi.  A l'image d'un Manu Ginobili, un des ses plus grands amis, Boris est unanimement apprecié et respecté et comme pour Manu la grande question c'est, "what's next"?  Des hommes de ce trempe- la peuvent faire de bien grandes choses après leur carrieres de basketteur.  Tony et Nicolas prepare déjà la suite en faisant grandir etape par etape l'ASVEL.  Boris a connu un echec douleureux à Bordeaux et je ne le vois pas emprunter ce chemin-la.  Ministre des Sports?  President de la Fédé?  Businessman?  Philanthrope? Consultant? Photograph? Auteur? Realisateur? Père de famille? Tout est possible pour cet epicurien mais comme depuis une vingtaine d'années je vous parie que Boris va encore nous surprendre, nous prendre à contre-pied car il aime ca, il est comme ca, il ne fait jamais rien comme les autres... 

    

Ce qui est certain, c'est que toute à l'heure quand l'equipe de France va prendre le terrain à Coubertin, sans Boris Diaw pour la premiere fois depuis très longtemps, son aura va planer sur toute la salle, il sera absent mais omnipresent et chacun de nous voudrait lui dire une seule chose;"merci Boris, sincèrement, merci pour tout et bon vent pour la suite!".